Partager l'article ! Le Voyage: LE VOYAGE Pourquoi Ce voyage ? ...
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Pourquoi Ce voyage ? "L'important c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit." Oscar Wilde. Tout a commencé avec un mot. A l'affût de sonorités inconnues, je sors un globe, une carte et laisse courir mes doigts sur ces frontières lointaines. Euréka, bingo, j'ai trouvé !!! Le rêve s'enclenche, l'imagination galope, je suis déjà partie... TAKLAMAKAN. Ce nom résonne dans ma tête. Troisième plus grand désert du monde après le Sahara et le Kalahari, on le surnomme « celui dont on ne sort jamais ». Il est situé à l'ouest de la Chine, dans la région autonome de Xinjiang, coincé entre les Tian Shan au nord et le plateau du Tibet au sud. L'amplitude de ses températures empêche presque toute forme de vie : + 50°C en été, - 40°C en hiver. Passionnée de désert, je me suis fait la promesse secrète de fouler un bout de chaque désert du monde. Rêve pieux sans doute mais cette fois encore l'évocation d'un nom est à l'origine de mon voyage. La machine est lancée, je lis tout ce que je trouve. Je me rends compte à quel point je suis ignorante sur ce pays-monde et l'envie me gagne de partir à sa découverte. Mais par où commencer ? Quand je pense que j'ai passé presque 2 ans dans un village de 500 habitants en Patagonie chilienne, je me dis que plusieurs vies ne me suffiront pas pour la Chine... 56 minorités ethniques ! Combien de langues ? De dialectes ? Et bien sûr, je ne parle pas un mot de chinois. Ça serait trop facile ! Les jours passent, je change dix fois d'itinéraires : la Chine me donne déjà le tournis. Peu à peu mon voyage se dessine: j'aime trop les gens pour aller me perdre dans les sables, le Taklamakan attendra. Je vais partir à la découverte des minorités du sud-sud-ouest de la Chine avant de faire route vers le nord pour arriver dans l'effervescence pékinoise à la veille des Jeux Olympiques 2008. Afin d'être plus proche des populations et de la nature, afin de sentir et de « toucher » cette Chine si lointaine de moi, je décide de me lancer un challenge personnel : celui de voyager à vélo au gré des rencontres et du vent, à contre-courant du rythme effréné des mégapoles chinoises. La bicyclette semble offrir le compromis idéal pour couvrir de grandes distances et s'imprégner des éléments naturels. Tout comme la marche, c'est le moyen idéal pour aller à la rencontre de l'Autre. Cela reste un moyen de transport majoritairement utilisée dans les campagnes très pauvres (du moins c'est ce que je peux en lire ici...), où elle sera mon passeport pour me fondre (un peu, peut-être, beaucoup... pas du tout?) dans le paysage chinois. Mon itinéraire suivra la route des campagnes dans la mesure du possible et la liberté offerte par le vélo me permettra de m'écarter des sentiers battus. La possibilité de prendre un train n'est pas du tout exclue, bien au contraire ... plus qu'envisagé. J'ai envie de me frotter à tous les modes de transports traditionnels chinois. J'orienterai mon voyage au gré des rencontres, avec un intérêt plus particulier pour le monde des femmes et celui de l'enfance. Voyager seule comporte peut-être certains risques, mais cela a toujours été pour moi la clé des contacts les plus divers et inespérés. Comment je vais communiquer dans un pays où même les gestes sont différents des nôtres ? ça, c'est le grand point d'interrogation et nous allons le découvrir ensemble... Entre portraits de ces peuples et fragments d'histoires de leur vie, entre ressenti et regards partagés, je vous raconterai le quotidien, les traditions, la vie sur les marchés... J'essayerai de traduire mes émotions en images sur l'œil qui roule. Mais vous partagerez aussi avec moi les imprévus qui me feront changer de route et les moments difficiles, où découragement et fatigue tenteront de me gagner. |
Qui suis-je ? “Nomade j'étais, quand toute petite je rêvais en regardant les routes, nomade je resterai toute ma vie, amoureuse des horizons changeants, des lointains encore inexplorés.“ Isabelle Eberhardt. ![]() Camille Fuzier
Je suis photographe. Baroudeuse, multicolore, multiethnique et multipolaire, je mets mes pas dans les pas de deux grandes voyageuses, Isabelle Eberhardt et Ella Maillart, et recherche
comme elles au cours de mes aventures la liberté et la découverte d'autres peuples.
Pour moi, tout est contraste et sensibilité. Mon chaos est une porte ouverte sur le rêve et le monde est ma cour de récréation. Bien qu'entrée dans l'ère du numérique, je veux aussi sauvegarder le monde de la photographie argentique, plus lent, plus discret et plus mystérieux, pour découvrir l'essence des pays que je sillonne et des personnes que je croise sur mon chemin. Ce qui m'attire ailleurs ? Les grands espaces, les peuples nomades, la conviction qu'en allant au devant de l'autre, disponible, les yeux et le coeur grands ouverts, peuvent naître des rencontres inoubliables et essentielles. C'est ainsi que mes premiers voyages m'ont conduit au Sahara avec le peuple Touareg, sur l'altiplano bolivien et dans le désert d'Atacama, et dernièrement, aux confins de la Patagonie chilienne où j'ai découvert Caleta Tortel, un petit village entouré par les glaces dont j'ai partagé la vie pendant plus d'une année. Ce qui me retient ici ? Le partage de ma passion pour la photo avec des enfants et des jeunes de tous horizons: au cœur d'une école pour enfants handicapés, dans l'intimité des bibliothèques itinérantes avec des enfants de quartiers défavorisés, auprès des clowns du Rire Médecin qui se rendent au chevet d'enfants malades à l'hôpital, ou encore avec des enfants et des jeunes des Mureaux, avec qui je réalise depuis bientôt 14 ans des projets ambitieux et originaux. Ce qui me guide ? Ma bonne étoile sûrement, mon instinct aussi, et cette envie qui ne me quitte pas de repartir... Aujourd'hui, ma destination est lointaine, et pour la première fois je conjugue mes deux moteurs: voyage et enfance. Ce départ pour la Chine, seule toujours, mais accompagnée par le regard et le soutien des enfants des Mureaux, m'ouvre de nouvelles perspectives et de nouvelles promesses. Engagée dans cette nouvelle aventure, je troque mes grosses chaussures de marche pour un deux-roues toutes épreuves : Multi, mon destrier d'un nouveau genre, est un désordre équilibré, obstiné et volontaire. Ensemble nous passons notre temps à discuter, et nous donnerions tout pour un beau rayon de lumière... |