L'Oeil Qui Roule
Sur la
route Niuchang-Xingren
En dix minutes, je suis trempée jusqu'aux os et progresse très lentement. Je me dis qu'il faut s'arrêter mais alors je me congèle sur le bord de la route. Ma veste Patagonie (qui de Patagonie n'a
vraiment que le nom...) colle au t-shirt trempé - effet sueur pluie extraordinaire. 20km m'en paraissent 70. La brume sur les montagnes et les sourires du bord de route sont mes seules
consolations. Les paysans ont troqué la palanche pour un panier d'osier porté comme un sac-à-dos.
Les paysans portent ce large chapeau en paille de riz,la cape de pluie est faite de plantes séchées
Alors que je suis à nouveau sous le porche d'un kiosque, frigorifiée, je rate LA photo : un petit bonhomme, pas plus haut que 3 pommes rentre de l'école sous la pluie. Coiffé d'un parapluie qui a
la taille d'un parasol pour lui, il porte un sac-à-dos-panier qui tape sur ses mollets à chaque pas. Mais je suis trop lente, dégoulinante que je suis et le regarde s'éloigner le regard droit et
fier. Après le déjeuner, mes compagnons de route sont Raphaël, Placebo et Heroes del Mar. Il me faut une motivation pour avancer, j'ai l'impression de peser 10 tonnes et j'ai... mal au genou. Le
froid , la pluie, comme les petits vieux quoi !