L'Oeil Qui Roule
Dans une atmosphère moite et bruineuse, je reprends ma route le lendemain. Paysages industriels : usines, chantiers, petites fabriques en tout genre se succèdent. Je ralentis souvent devant ces
immenses déchetteries à ciel ouvert : les sacs montent jusqu'au plafond des bâtiments et j'entrapercois au milieu des immondices (il n'y a pas d'autres mots), assis par terre, des gens qui semblent
trier. Au fur et à mesure de la route, je m'invente leur histoire. J'ai l'impression qu'ils sont regroupés par familles, vivent là, au milieu des poubelles et doivent ensuite revendre le verre, le
fer, le plastique... et le reste ? Ça s'empilera comme partout je vois, en montagnes pestilentielles ?
Tri de poubelles
Je m'arrête pour manger et suis assaillie par les occupants d'un bus, des jeunes en voyage d'étude "qu'est-ce qu'on peut faire pour vous ?" me dit la seule fille qui parle anglais. "Me parler, ça me fait plaisir". Le patron du relais de nationale, m'invite a goûter un zongzi, spécialité de la ville de Zhaoqing d'où j'approche. C'est un gâteau de riz gluant fourré avec de la viande, le tout enroulé dans une feuille de bambou. Par la suite j'en mangerai d'autres variantes, avec d'autres noms. C'est bon, ça tient au corps, ce qu'il me faut pour rouler. J'ai toutes les serveuses désoeuvrées (le bus d'étudiants est parti) autour de moi... On me sert du thé, regarde mes imagiers, mon dictionnaire. Au moment de payer, le chef de ses dames me dit "no money, no money !".
Monsieur Wang
et ses serveuses
A Lubu, je commence à me renseigner sur les possibilités d'hôtel. Chaque fois la même scène, c'est l'hilarité. Je double à nouveau un cycliste chinois que j'ai baptisé Poil de carotte et mocassins : il est habillé d'orange de la tête au pied, même ses cheveux virent au rouge et il arborre de superbes mocassins noirs.
Poil de
carotte et mocassins
Depuis 50km nous nous suivons: il me double dans les côtes, je le redouble sur le plat et les descentes. A un péage, je me décide à lui parler et nous finissons par faire route ensemble de nuit jusqu'a Deqing. Il est 21h quand je décolle mes fesses de Multi. J'ai parcouru 144.43km, l'impression que la selle est toujours entre mes jambes. Je mangerai un boeuf entier aussi !
Tri de poubellesJe m'arrête pour manger et suis assaillie par les occupants d'un bus, des jeunes en voyage d'étude "qu'est-ce qu'on peut faire pour vous ?" me dit la seule fille qui parle anglais. "Me parler, ça me fait plaisir". Le patron du relais de nationale, m'invite a goûter un zongzi, spécialité de la ville de Zhaoqing d'où j'approche. C'est un gâteau de riz gluant fourré avec de la viande, le tout enroulé dans une feuille de bambou. Par la suite j'en mangerai d'autres variantes, avec d'autres noms. C'est bon, ça tient au corps, ce qu'il me faut pour rouler. J'ai toutes les serveuses désoeuvrées (le bus d'étudiants est parti) autour de moi... On me sert du thé, regarde mes imagiers, mon dictionnaire. Au moment de payer, le chef de ses dames me dit "no money, no money !".
Monsieur Wang
et ses serveusesA Lubu, je commence à me renseigner sur les possibilités d'hôtel. Chaque fois la même scène, c'est l'hilarité. Je double à nouveau un cycliste chinois que j'ai baptisé Poil de carotte et mocassins : il est habillé d'orange de la tête au pied, même ses cheveux virent au rouge et il arborre de superbes mocassins noirs.
Poil de
carotte et mocassinsDepuis 50km nous nous suivons: il me double dans les côtes, je le redouble sur le plat et les descentes. A un péage, je me décide à lui parler et nous finissons par faire route ensemble de nuit jusqu'a Deqing. Il est 21h quand je décolle mes fesses de Multi. J'ai parcouru 144.43km, l'impression que la selle est toujours entre mes jambes. Je mangerai un boeuf entier aussi !
Sam 29 mar 2008
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