Jeudi 24 juillet 2008
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20:12
Long Wen - Qian Dian Jian. 100,55km.
Petit déjeuner avec mon ange gardien. Puis il règle tout, chambre, repas, même mes fruits achetés au marché... étrange monsieur ! "Chinese people are very friendly", n'oublie pas Camille. Alors que
je fais mes sacs, il revient à la charge en me disant que je vais rencontrer beaucoup de côtes, que je ferais mieux d'accepter son offre... Mais il n'a vraiment rien d'autre à faire que me
baby-sitter lui !! Je n'aime que mon vélo, vous l'avez compris, lui dis-je en rigolant ! Qu'à cela ne tienne, deux voitures de police me suivent, me guident sur la route. Joie de la liberté
surveillée.
Sur des kilomètres, la grande
muraille n'est plus qu'un mur de terre mangé par les mauvaises herbes
Je fais comme s'ils n'existaient pas et m'arrête longuement pour photographier la grande muraille que je longe depuis 1h. Il s'agit ici d'une des plus anciennes parties du mur, construite sous les
ères Tang et Ming... Elle tombe progressivement en ruine et ressemble à un vague mur de terre de 3 mètres de haut sur des kilomètres. J'aime suivre cette ligne imaginaire par moment, même si ce
matin j'ai du mal à me laisser porter par l'Histoire. À quelques mètres de moi, discrets mais bien là, de nouveaux agents du gouvernement cette fois, prennent le relais de la police de Long Wen,
après m'avoir photographiée sous toutes les coutures. Mais ils vont aller avec moi jusqu'à Pékin ou quoi ??
Vers midi, la police fait enfin
demi tour et je poursuis seuuule ma route
C'est seulement vers midi et après un troisième relais que je suis libérée et me retrouve enfin seule avec les grillons, seuls êtres vivants qui semblent résister à cette torpeur de l'été chinois.
Je suis à 120km de Pékin, pas un chat, personne sur les routes. J'essuie encore trois barrages de police puis longe la rivière Bai dans une immense gorge. Ça y est, je l'ai ma mer ! Pourtant
impossible de m'y jeter, le courant est trop important, mais je me trempe de la tête aux pieds de nombreuses fois.
J'entre dans
la petite ville de Qian Dian Jian sous l'ombre d'une longue haie de platanes chinois
Vers 17h, arrivée dans la petite ville de Qian Dian Jian où je fonce direct voir la police pour savoir ou j'ai le droit de dormir. Si j'anticipe, peut être cela accélérera t'il les choses ? Mais
non... rebelotte. Ici la police n'arrive même pas à remplir le papier d'hébergement. Mon passeport passe dans tant de mains qu'il finira bientôt en chiffon. Plus que quatre nuits, songe-je en
pensant à mon arrivée prévue place Tiananmen mardi 29 juillet...