Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 15:53
Ma cabane abandonnée - Sangdui (Sumdo sur mes cartes). 30km. et quelques.

Au matin de ma nuit dans mon palace improvisé, je tombe nez à nez avec les cantonniers, qui jusqu'à ce jour ne doivent toujours pas avoir compris ma présence ! La pluie a cessé mais il fait gris comme un matin d'hiver parisien.

Je croise une caravane de yaks

Aaah mon col à 4725 mètres ! Dix kilomètres et neuf lacets me séparent de lui. En chemin je croise mes premiers nomades tibétains (excepté mon homme des bois d'hier soir, que je ne reverrai pas) et une mini caravane de yaks en quête de nouveaux pâturages.

Au col, je dispute ma solitude aux yaks et aux tentes de nomades en contrebas

Enfin, je parviens à mon petit Everest. Toutes les montagnes autour de moi sont pelées, couvertes d'une végétation drue si l'on s'en approche. Seuls les yaks et les nomades semblent pouvoir vivre là. Aucun sommet enneigé, mais des montagnes en forme de collines rondes. J'ai l'impression d'être dans un paysage de fin du monde, la brume rehaussant l'atmosphère dramatique. C'est l'Écosse chinoise... Les yaks remplaçant les moutons !

De l'autre côté du col, nomades et maisons de douaniers absents

Question souffle, je suis bien, mais je vais souffrir quelques minutes plus tard d'une attaque de sommeil aiguë. C'est aussi un des symptômes du mal des montagnes : problème respiratoire, maux de tête et envie de dormir. Aucun signe des deux premiers, mais alors dooooooormir ! J'en «tombe» de Multi et dors 20-30 minutes sur le bord de la route, bien que je me souvienne qu'un guide bolivien m'ait dit que ce n'était pas bon... il faut redescendre.

Sommeil soudain malgré le froid, à 4725 mètres d'altitude

Le col suivant, après 2 kilomètres de descente, me parait inatteignable. Je peste, je crache, mais à quoi il sert celui-là à seulement 3 kilomètres ! «T'es en trop, barre toi d'là, je n'y arrive pas !» L'apparition d'une jeune tibétaine qui veut me vendre des champignons-miracle (explication plus tard...) me change les idées et je descends enfin sur la vallée de Sangdui.

Cabanes de nomades tibétains momentanément sédentarisés

Tentes et yaks noir peuplent ces montagnes déboisées et froides. Quelle vie rude doivent mener ces gens ! Je pénètre dans la petite petite ville de Sangdui alors que le ciel se déverse à nouveau à grandes eaux. Il est 14h... Je déjeune au milieu de petits moines (j'entends par petits, des enfants...) tout curieux de ma venue, mais pas un mot de chinois ne sera prononcé. Même « Nihao » reste coincé au fond de ma gorge... 15h, le ciel pleure toujours... 16h, le baromètre de ma motivation est niveau tempête, ouragan. C'est marrée basse dans ma tête. Je viens d'échanger des sms avec ma famille qui brunche réunie comme au temps des grandes vacances. Très très grande marée basse tout à coup.

Maison tibétaine de Sangdui

Je prends une chambre, humide et froide, au Chengdu restaurant et passe le reste de l'après-midi à regarder les allées et venues des enfants jouer aux deux machines à sous du lieu ! Couchée à 19h pour m'assurer une bonne journée demain, je passe la plus horrible nuit depuis mon arrivée en Chine. Les parois séparant les chambres faites en... papier sans doute, je profite des doux bruits de mon voisin, qui ronfle de surcroît. Des «clients» arrivent et partent à toute heure de la nuit, dans un bruit fracassant...

Par Camille
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