Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 19:28
Au programme de la journée, repos et bullage. Je fais la molasse et la baleine sur mon lit, avec le bruit assourdissant de la rue principale de Xiancheng. Plus je reste en position horizontale, plus je semble fatiguée jusqu'à ce que je remette mon cerveau sur "On" vers 16h. Rédaction de mes textes et courses (en quête de chocolat toujours...) alors que la pluie tombe. Petit tour, mais vraiment petit tour pour prendre la température de la ville. Je ne m'aventurerais même pas dans les hauteurs ni même au monastère. Je suis atteinte de flegmitude aiguë et puis je n'arrive pas à prendre mes repères avec ce nouveau peuple, dont la distance que je ressens signifie sans doute autre chose.

Aux portes de Xiangcheng

J'observe de ma fenêtre les moines en tunique ocre et pourpre-bordeaux. Moine portable, moine lunettes de soleil dernier cri, moine moto pimpante, moines gamins... moine géant (je pourrais les décliner comme ça longtemps). Si la ville a un fort caractère chinois, la population reste majoritairement tibétaine. Faute de photographier (ni l'envie ni le feeling...) je décortique du regard ces habitants : les hommes rasés ou cheveux court, portent un chapeau de paille ou un feutre, le nez aquilin ils ne ressemblent en rien aux autres peuples croisés. La plupart du temps, une robe dont les manches sont serrées à la taille est nouée sur leur pantalon par une ceinture de couleur. Les femmes, cheveux noirs de geai tressés et enroulés sous leur casquette mao kaki, arborent une longue robe sombre sur pantalon et veste sombre. Le regard est fier et perçant à la fois. Le rire n'est jamais loin quand je les fixe trop longtemps, mais comme gêné. Je suis étonnée de constater que beaucoup marchent les mains croisées dans le dos, comme des petits vieux... Quant aux jeunes, c'est le début du festival Hollywood ! Leur particularité étant d'être coiffés avec un pétard ou tombés du lit le matin et partis en courant, alors qu'un chinois sortira toujours tiré à quatre épingles, même si lavé les jours de pleine lune pour certains...

Mais je reste loin de cette population, aussi inaccessible que je le suis dans ma chambre 0 étoile.

Je ne suis là qu'un jour, que faire quand le but de mon passage ici doit être en premier lieu de me reposer...

Le soir, alors que je cuis des œufs sur mon réchaud pour mes picnics à venir, je fais connaissance avec Derong, avide de me faire découvrir son peuple et sa culture. Il rentre de 2ans passés en Inde à apprendre l'anglais et le tibétain. J'entends parler pour la deuxième fois de ces écoles créées par le Dalai Lama en Inde. Ils sont des milliers de jeunes tibétains à s'exiler, beaucoup illégalement pour aller retrouver leur «guide et ange» (je cite Derong...). Mes sacs ne sont pas prêts, mais ma tête déjà vers les prochains cols, alors je décline son invitation pour la ballade du lendemain. Je me réveillerai en pleine nuit à regret en me disant que là était ma chance d'en apprendre plus sur les tibétains, mais Derong est déjà reparti dans son village de Qingmai...

Par Camille
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