Dimanche 22 juin 2008
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19:09
Col à 3800m. - Xiangcheng à 2875m. 55,95km.
Petit déjeuner zippé,
les moucherons attaquent...
Je ne suis plus loin de Xiangcheng, milieu de parcours sur mon trajet Zhongdian-Litang alors je traîne au petit déjeuner. Plus un bruit, le vent est tombé au matin. C'est presque étrange ce calme,
ce trop grand calme, ce silence bruyant comme j'aime l'appeler...
Plongée sur la vallée de Ranui
Je ne regrette pas ma décision de la veille : la descente sur la vallée, si elle n'en finit pas, est extraordinaire. Ode à la nature et patchwork de champs de blés verts et dégradés d'ocre. Je
m'arrête tous les 300m pour photographier : sortir tout l'attirail argentique ça prend du temps, changer les filtres, non d'optique... Toute une affaire ! Voilà pourquoi l'argentique est en peine
dans mon voyage. Car voyager avec Multi et un appareil argentique, c'est deux notions du temps profondément différentes. Je m'en doutais mais le jeu en valait la chandelle, je ne pouvais partir
sans du vrai film, des bonnes optiques... Résultat, je me les trimballe depuis des milliers de kilomètres sans vraiment m'en servir comme je le souhaitais, car pour cela il faut S'ARRETER, SE
POSER... PRENDRE SON TEMPS. Mais mon temps ne suspend pas son vol hélas...
Dans la vallée de Ranui,
nouvelle architecture, j'entre au royaume des forteresses tibétaines
Marcher, je voudrais maaaarcher... Après ces kilomètres dans la forêt ou sur les sommets inhabités, la vue de cette vallée avec ces maisons-forteresses est sublime. L'architecture tibétaine est
caractérisée par la construction de maisons (et monastères) sur des sites élevés, face au sud et par l'emploi d'un mélange de pierre, de bois, de ciment et de terre. Les techniques de construction
permettent de palier la rareté des combustibles utilisés pour le chauffage : toits plats pour préserver la chaleur et fenêtres multiples pour laisser entrer la lumière du soleil.
De retour des champs
de blé
Les murs sont habituellement inclinés de dix degrés vers l'extérieur à titre de précaution contre les tremblements de terre. Chaque maison présente 4 à 6 murs blanc de 5 à 10 mètres de hauts, un
toit plat où est entreposé ou battu le blé à peine fauché, des fenêtres en bois sculpté immenses, le plus souvent sans vitre. Le bois fendu est entreposé en équilibre sur les rebords des murs,
comme pour accentuer cet effet de rempart. Bien sur je divague... Des drapeaux tibétains aux quatre coins du toit. Je suis véritablement entrée en Royaume tibétain, bien que toujours en Chine, la
prise de ces forteresses risque d'être toute une aventure...
Sur les toits plats
des maisons-forteresses, on entrepose le blé, pour le faire sécher et le battre
Au fond de la vallée, j'ai perdu plus de 1100 mètres de dénivelé et la chaleur m'accable. De village en village, suivant le fil d'une rivière sans nom, j'assiste au fauchage des blés. Pas une de
ces maisons-châteauxqui ne soit entourée de champs de blé. Les gens me saluent d'un geste de la main, une vieille femme m'invite à m'asseoir et me parle sans doute d'un autre temps. J'écoute muette
et... sourde pourrais-je dire.
Après mon déjeuner à Qingmai où une population accueillante mais distante m'accueille, je frise l'insolation une nouvelle fois et ne résiste plus à la rivière. Pourtant impossible de s'y jeter vu
le courant furieux, mais je ferai plusieurs pauses trempant tête, bras, jambes et remontant dégoulinante sur Multi qui sans en douter apprécie !
Sur la route
de Xiangcheng
Pour atteindre Xiancheng, il faut à nouveau remonter puisque la ville est nichée à flanc de montagne. À première vue (et dernière aussi), la ville ne me plaît pas. Après cette vallée paradisiaque,
me voilà à nouveau dans une ville construite n'importe comment dans tous les sens, où le caractère tibétain disparaît peu a peu noyé par les commerces Hans de pacotille...
Galère et galère pour trouver l'hôtel dans la maison tibétaine dont on m'a parlé. Je frappe à toutes les portes... inconnu. Et puis mes quelques mots de chinois mal prononcés ne servent à rien
ici... J'atterris dans ces hôtels chinois qui se veulent classe mais sont d'un crado sans nom. Je m'octroie une chambre avec salle de bain où je baignerai même Multi, c'est dire... et plonge à 5h
de l'après-midi dans un profond sommeil enfin !
À 20h30, c'est l'orage mais je suis loin dans les bras de Morphée ! Qu'il pleuve un maximum oui, dois-je rêver, avant mon départ dans 2 jours...