Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 12:50
Je pars dans une brume épaisse. La pluie est de retour mais ne durera pas. 3 jours encore et je suis à Kunming, mais la perspective de suivre cette nationale ne m'enchante guère. J'ai beau tourner la carte dans tous les sens, je n'ai pas le choix, sinon c'est 200km de plus et là, je joue la montre, je veux attaquer la montagne, celle qui me coupera le souffle dans tous les sens du terme, avant de devoir faire un saut express a Hong Kong pour mon visa.

Nationale 324 - Interdite aux piétons, aux cyclistes, et aux ruminants en tout genre

Luoping-Zhaokoa, 93,06km. Pas grand chose à dire en fait. Cette entrée au Yunan est bien décevante, moi qui ai renoncé à un itinéraire de petites routes beaucoup plus au nord : je souhaitais entrer au Sichuan depuis le Guizhou directement. Mais l'absence de grande ville et les difficultés de communication m'ont fait revenir à la raison (bien mal m'en a pris au vu de l'actualité dramatique d'aujourdhui... et oui, j'écris à retardement...). Je voulais aussi avoir le temps de m'imprégner du Yunan, cette province qui compte la moitié des ethnies minoritaires de Chine et des paysages aussi variés que fabuleux.

Mmmmmmh pour l'instant je rumine sur ma route de m... avec mes potes cornus que l'asphalte ne dérange pas le moins du monde pour tirer d'énormes charrettes sur lesquelles sont perchés paysans et familles.

Ce matin la température a chuté, et le vent est dans mon dos. Ça reposera ma tète de l'insolation d'hier. La Highway monte progressivement mais constamment dans un paysage de... que vous dire... des champs, des champs, des champs... Mêmes scènes qu'hier. Je passe les 2100m d'altitude sans m'en rendre compte. Je suis sur un plateau, la fenaison continue, l'odeur âcre de la fumée me brûle la gorge. Peu de villages, une ville grise et crade traversée, que je n‘aimerais pas vivre ici...



Fenaison et battage des foins



Je m'arrête quand mes cartes françaises indiquent une route qui n'existe pas sur la chinoise. J'atterris dans le pire hôtel depuis mon début de voyage... Je crois que je préférerais dormir dehors sur mon matelas, tellement c'est dégueulasse ! Et en plus je paie 20 yuans pour ça !!! Mais je n'ai pas les mots pour lui dire que c'est trop cher et c'est tellement plus facile de ne pas vouloir me comprendre... à la télé (pas de douche, ni d'eau, un trou nauséabond pour toilettes, mais toujours la sacro-sainte télé !!) je comprends que la flamme olympique est actuellement sur le toit du monde...

Par Camille
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus