Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 12:03
Xingren-Wusha, 80,61 km de soleil. La propriétaire de l'hôtel insiste pour m'accompagner hors de la ville et me mettre sur la route, je la laisse faire, ils sont toujours très préoccupés pour moi.

Est-ce le soleil qui est de retour, tous les paysans sont dans les champs. J'ai enfin la confirmation de ma supposition : ici on est à 1400m d'altitude et le climat ne permet pas de faire plus d'une récolte de riz. Celui-ci a besoin d'eau mais aussi de beaucoup de chaleur. On diversifie alors : riz, avoine, millet, orge... C'est d'ailleurs la saison des foins. Les parcelles sont fauchées à 2 ou à 3 puis le foin est rassemblé en gerbes et mis à sécher plusieurs jours devant les portes des maisons.

Je continue de monter... et me fais doubler par des camions de charbon qui sortent de nulle part. Mais où est la mine ? Au détour d'un virage, je me trouve presque nez à nez avec deux «gueules noires», le blanc de leurs yeux ressemble à deux lumières dans la nuit. Nous sommes chacun ahuris de notre face à face. Ils sont couverts de charbon de la tête aux pieds. Je ne comprends toujours pas d'où ils viennent. Puis le reste du groupe apparaît, des baraquements en hauteur dans un état de délabrement et de crasse indescriptible, des femmes avec bottes et pelles qui discutent vivement, sans doute avec le chef. Je fais diversion un moment, le temps de terminer mon virage a 4.5km/h ! Plus loin, je traverse un village où je vois pour la première fois une fabrique de pâtes artisanales : dans la cour d'une maison, je suis attirée par des cris d'enfants derrière de grandes bâches. La curiosité est plus forte, je passe la tête par un trou et découvre un étendage plus que particulier. Des centaines de milliers de fils... de pâtes sèchent au soleil. Les enfants retournent consciencieusement les pâtes en slalomant entre les paquets.

Les gorges du Maling sont une profonde déception. Pourtant je devrais le savoir maintenant : toute attraction touristique naturelle, mentionnée sur les cartes ou dans les guides, est à proscrire, car massacrée (ok j'y vais un peu fort quoique...). Une gorge... on s' attend à de la nature sauvage, des chutes d'eau, des petites criques. En bonne française je suis en train de penser à notre préservation du patrimoine naturel. Ici descente dans un défilé de camions vers le pont qui enjambe les gorges, poteaux à haute-tension dans tous les sens. Je m'arrête pour regarder. Un sentier balisé, des ponts de singes sur la rivière Maling He et là... une tour de verre, haute comme deux immeubles, avec ascenseur ! je suppose que c'est pour permettre de fournir le minimum d'efforts et de voir les chutes derrière une vitre, c'est vrai, c'est toujours mieux !!! Une nouvelle fois, je passe mon chemin (devant le panneau qui indique l'accès a la gorge, payant bien sûr) et le passe encore a Xingyi, ville grise où je mange de la poussière à gogo.

 

Arrivé sur Xingyi

Après une dernière côte de la mort, le soleil couchant m'accueille à Wusha où une famille de retour des champs m'invite à partager le repas dont je rêvais.

Par Camille
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