Mardi 6 mai 2008
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Xingren Middle school numéro 1, équivalent de notre collège-lycée. Le système scolaire chinois est divisé en 5 parties. 9 années obligatoires : l'école primaire de 6/7ans à 12 ans, puis
l'enseignement secondaire ou junior school de de 13 a 15 ans. Jusque là la scolarité est gratuite, mais les livres et cahiers restent à la charge des familles (ce qui explique que certains paysans
trop pauvres n'envoient pas leurs enfants à l'école). Après viennent la senior school de 15 à 18 ans puis la high school de 18 à 21 ans. À ce niveau, les frais annuels s'élèvent à 300 yuans par
jeune. Le collège (3 ans) ou l'université (4 ans) viennent ensuite et sont réservés aux meilleurs. Plus on monte dans les années d'études, plus les frais de scolarité sont élevés. Du temps de Mao,
l'éducation était gratuite, me fait-on remarquer plusieurs fois...
Middle School
N°1 - Xingren
À ma grande surprise, aucune autorisation n'est nécessaire pour venir au lycée, je vais circuler à ma guise toute la matinée. Je suis accueillie par les collègues profs d'anglais de Fan Guoju qui
me font visiter fièrement les locaux. Comme à Danian, les élèves s'auto-gèrent une fois les heures de classe terminées. Ici la cantine semble bien meilleure : des cuisinières préparent différents
plats quotidiens. Des salles de classes d'anglais aux dortoirs, où on me réserve de véritables ovations. L'excitation est à son comble parmi les élèves. J'ai l'impression qu'ils reçoivent la visite
de je ne sais quelle star !! Ce sont des cris d'hystérie parmi les filles, aussitôt calmés par un geste du prof. Je découvre des classes de 65 élèves en moyenne, plus de garçons en général. La
première est très bavarde et me pose beaucoup de questions sur le pourquoi du comment du voyage. Je suis étonnée de voir que les mêmes questions reviennent de la France à la Chine : un jeune de 16
ans me demande en anglais « mais pourquoi vous ne prenez pas le bus, je ne comprends pas ? », j'ai eu mot pour mot la même question le jour du lancement du projet aux Mureaux ! Ou encore « Si vous
ne parlez pas chinois, comment faites vous pour manger (l'obsession ici) et dormir ? », «Vous n'avez pas peur ? ». Lorsque je réponds que personne ne voyage avec moi (la question ne se posait pas :
pour eux, le groupe était à l'hôtel. L'individu n'existe pas vraiment en Chine), je déclenche l'émoi général. C'est comme une foule en délire, un même OOOOOOH entonné en choeur, suivi d'un WAAAAOUH
et d'une salve d'applaudissements que semble orchestrer le prof puisque d'un geste, les 65 élèves font silence à nouveau.
Cours d'anglais d'une classe de Lycée-Collège
J'apprends à mon tour que les cours commencent tous les jours à 7h du matin et se terminent à 9h du soir, avec deux grandes pauses de 2h30 vers 11h30 et 17h. Sept matières sont obligatoires :
chinois, anglais, maths-physique, biologie, géographie, politique et sport. À ma question sur l'intérêt porté aux JO, les réponses sont très mitigées. Ils sont surtout curieux de savoir si j'ai des
billets. Les professeurs me confirmeront que rien n'est organisé au niveau régional ou même local. Seul le gouvernement prépare une cérémonie avec banquet, histoire de gaspiller un peu plus
l'argent de ces régions pauvres, me dis-je en silence. Je ne sais alors pas que la flamme olympique vient d'arriver sans esclandre a Guangzhou, c'est Kin, mon chinois sud-américain qui me
l'apprendra en venant aux nouvelles le lendemain.
Mobile-mania en
classe
En dehors de l'école, les garçons sont des fans de basket et de football, de jeux électroniques... Les filles de danse et de shopping. Personne ne me dit «je vais aider ma famille dans les champs»
. C'est pourtant le quotidien de tous. 60% des élèves viennent de villages éloignés et sont internes. Lorsque le week-end arrive, ce sont les travaux aux champs qui les attendent et non la
console...
Impossible de distinguer les jeunes des minorités ethniques. Comme ailleurs, c'est avant tout la culture Han qu'on inculque. Depuis les années 50, toute région composée de plus de 30% de minorités
ethniques a la droit d'être autonome (canton, district, province) et un tiers des emplois des structures administratives est réservé aux membres de cette ethnie. L'enseignement dans les écoles
devrait être également fait dans la langue maternelle des ethnies, mais l'application de cette loi est en fait bien différente. À part au Xinjiang et au Tibet (régions les plus réprimées
actuellement...), ça n'est pas appliqué. La majorité de ces peuples n'a pas d'écriture, même si des linguistes se sont penchés sur le sujet et en ont créé une ! Au Guangxi, région autonome composée
à majorité de Zhuang, l'émission de télévision en langue zhuang a été supprimée il y a peu. Autrefois l'éducation était réservée aux lettrés. Après le passage des examens impériaux, c'était eux qui
formaient l'élite dirigeante. Aujourd'hui, c'est sous une autre forme, mais la tradition persiste : le système scolaire et universitaire favorise les Hans.
Des classes de 65 élèves en moyenne