Vendredi 18 avril 2008
5
18
/04
/Avr
/2008
14:18
Vendredi, malgré toute mon envie de rester parmi ces gens, je décide que c'est mon dernier jour (j'avais déjà dit ça la veille et quand je leur ai annoncé, à leur tète j'ai changé d'avis...). Yi
Tuan veut m'emmener dans un nouveau village Miao à 3h de marche par des sentiers de montagne mais elle est appelée à quelques 40km de là (le portable est légion partout en Chine. Les paysans sont
passés de l'ère sans ligne fixe au portable depuis près de 10 ans...). Nous voilà partis à 3 sur la moto de Qing Tuan. Premier arrêt à Liangsai (attention, c'est du phonétique...) dans la famille
de Yi Tuan. Je fais connaissance de sa mère, d'une de ses soeurs, de sa belle-soeur et de petits neveux autour du deuxième thé à l'huile de la matinée. Intérieurement je m'étonne encore de la
facilité avec laquelle elle accède à mes demandes : la veille je lui avais demandé ou était sa famille, si elle la voyait encore...
Les neveux et nièce de Yi Tuan
Je pars ensuite à pieds, main dans la main avec sa mère qui me parle comme si j'étais en niveau de perfectionnement langue Dong, pendant que Yi Tuan et son mari filent plus vite en moto sur un
piste mauvaise et très raide. La grand-mère, qui n'a pas sa langue dans sa poche, arrêtera un jeune à moto pour qu'il nous monte !
Dispensaire improvisé dans une maison Miao
Arrivés au village Miao de Dali, c'est le dispensaire improvisé dans une maison. Il y a là la meilleure copine de la mère de Yi Tuan, le pied bleui et tout enflé après une chute dans la montagne,
et puis les voisines, les copines ont accouru, qui pour faire soigner un ventre douloureux, des genoux, des dents... D'autres encore pour les commérages et les nouvelles, c'est sûr. J'aimerais
avoir un traducteur intégré dans le cerveau... Je suis invitée à passer la nuit au village puisque les soins doivent continuer demain mais je décline l'invitation en espérant ne pas blesser... J'ai
décidé de partir demain.
Femmes Miao de Dali
Dernier dîner de l'autre côté de la rivière, la nuit tombante, les pantalons relevés et les pieds dans l'eau. Nous sommes une vingtaine dans une maison où je ne sais pas qui est qui... Le yeye a un
visage extraordinaire, sans décoincer sa pipe de ses lèvres, il me regardera toute la soirée comme si je venais de la lune, les enfants resteront collés à la télévision pendant que les femmes
égorgeront canard et poule, avant de les plumer et de les mettre a bouillir. Je me dis qu'on va manger à minuit mais non deux heures après les femmes sont attablées d'un côté et les hommes sur la
terrasse, comme il convient chez les Dong lorsque l'on reçoit des invités.