Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /2008 11:55
Lundi matin, je découvre un village tout autre que la veille. Les bus de touristes chinois commencent déjà à affluer pour aller à la grotte jenesaispastropquoi, un petit train genre Disneyland permet l'accès au parc bien gardé par des vigiles. Une des rives de la Lijiang est payante. Vite je fuis et décide d'aller à l'opposé avec Multi, déjà chargé comme une mule.

Entre Yangshuo et Guilin

Je m'engage au ralenti dans des sentiers étroits qui sillonnent entre des petits bras de rivières... Ridicules ruisseaux on pourrait dire ! Une grand-mère est devant moi avec un enfant... Je regarde à droite à gauche... Il y a un petit pont... Oui oui je l'ai vu... Le virage est étroit mais je peux passer. La femme a alors la bonne idée de m'adresser la parole, c'est à dire de me gueuler dessus (on dit que les chinois n'aiment pas les cris et les manifestations de colère ou autres émotions manifestées, mais eux bien souvent parlent en gueulant... Si en plus cette femme était un peu sourde...). Je ne sais pas ce qui se passe... Sans doute je sursaute, je suis déséquilibrée et le poids de Multi m'emporte : j'ai fait exactement 700m depuis l'hôtel, et je me retrouve cul par dessus tête, Multi avec moi dans la rivière, l'eau jusqu'à la taille. Je pense à mes appareils photos en 1er mais je n'arrive pas à m'extraire des branchages. Je vous assure la situation est grotesque !! Il ne manquerait plus que je demande à cette grand-mère de me prendre en photo !! Je parviendrai quand même à détacher une à une les sacoches et à hisser Multi, grâce à la mamie, qui ne manquera pas de me demander de l'argent pour le service rendu. Je suis un peu verte... Plus de peur et de bleus que de casse. Étrangement le chargement semble avoir protégé Multi, moi j'ai le dos réduit en compote et je fais floc-floc dans mes habits. J'espère que je ne decouvrirai pas autre chose plus tard. Je me dis surtout que je dois m'arrêter plus de 24h à Guilin, me sécher, me laver, me poser quoi !

Le paysage est moins grandiose que la veille, normal on approche d'une ville. De la vigne partout et des champs de fraises qui embaument. Je résiste sur des kilomètres a l'idée de me jeter dessus... Je vais craquer au dernier étal mais le vendeur est trop occupé à se grater les pieds... Pas de fraises pour moi ! J'arrive en tongs à Guilin vers 14h, chaussures et semelles accrochées a l'arrière, et mes chaussettes oranges pendant comme des oreilles de teckel sur mon guidon. Autrement dit complètement inaperçue ! Les regards de dédain des chinois "parvenus" glissent sur moi. Et me voilà à nouveau dans une Youth hostel, dégoulinante d'humidité. Une nouvelle fois les jeunes qui la tiennent sont très sympas même si un peu à l'ouest, beaucoup de touristes occidentaux. Je suis bien décidée à sortir de mon autisme ! Aussi quand j'entends parler le Suisse "jajaja", je jette mon dévolu sur Coralie et Alain, 2 jeunes fraîchement débarqués à Guilin. Ils viennent de s'acheter des vélos et partent pour un périple de 6 mois vers le Vietnam, le Laos, la Thaïlande. C'est l'hémorragie de mots. L'humour d'Alain baptisé PP (Penso Positivo! Tous les problèmes ont une solution Camille !) me fait du bien. Je passerai du temps avec eux pendant ces quelques jours à Guilin... Dont je n'ai tout simplement rien à vous dire car je me débats ici depuis 3 jours et demi pour envoyer mes photos, les redimensionner, trouver un, juste un ordi qui accepte mes logiciels. En désespoir de cause, je vais au business center de l'hôtel Sheraton. Là je résous mes problèmes et comprends ma douleur : 60 yuans/heure ! À mon hôtel, c'est 6 et dans la rue 2...

Préparation des liaman

Un soir je retrouve Jean-Christophe, professeur de francais a Guilin, que j'ai rencontré par internet et les sites d'hospitalité voyageurs. Nous dînons de lamian, pâtes de blé dur, dans un restaurant de la communauté musulmane Hui puis nous enchaînons avec des brochettes, des huîtres chaudes, le tout arrosé de bières et de brouhaha dans une ambiance toute chinoise : les hommes sont torses nus ou alors le t-shirt remonté jusqu'à la poitrine laissant apparaître un ventre très sexy... Ça boit, ça joue aux cartes, ça mange et mange encore... Des cris, on croirait qu'ils se battent mais non, ils jouent et manifestent leur joie d'être ensemble. Le spectacle est saisissant et j'ai du mal à comprendre que je provoque des réactions quand un peu plus tôt dans la journée, je sautais de joie sur un pont parce que pour la première fois, le soleil volait la vedette aux nuages ! Je rentre à l'hôtel aux aurores... portes closes. Ça m'apprendra à découcher !

Aujourd'hui je termine ces lignes ainsi que l'envoi des photos avant d'aller fêter ça dans la rue des chiens, c'est décidé ! Je n'aurai pas vu la fabrique de soie qu'on m'avait indiquée, ni gravi un de ces pics calcaires aux noms évocateurs comme celui de la Beauté Solitaire, moins encore testé le massage des pieds à l'hôpital de médecine traditionnelle, mais je goûterai du chien ce soir ! Quelle ingratitude... Moi qui ai une peur bleue de ces chers animaux, j'ai découvert à mon plus grand bonheur que pour l'instant ils étaient d'une passivité incroyable dans les villages. Pas un seul aboiement, encore moins une course poursuite pour atteindre mes molets...Serait-ce parce que dans cette région on les mange que cela les rend si dociles ?!!

Je vous laisse réfléchir là-dessus et m'en vais bichonner Multi qui a besoin qu'on s'occupe de lui. Me préparer pour ma prochaine étape : le nord du Guangxi et les grandes montagnes Miao. J'ai décidé de prendre les petites routes, ma progression sera plus lente mais je ne doute pas de faire le bon choix.

Par Camille
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus