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Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 19:06
Litang - Hong Long. 40km. et des poussières.

Ce matin... pluie et froid ! La neige se rapproche à grands pas... Je serai presque heureuse de voir les sommets qui entourent l'immense prairie de Litang enfin enneigés ! Mais mon bonheur vient d'ailleurs ce matin : Multi chargé, je file au wanbar (café internet) dans l'attente de l'éclaircie providentielle et saute littéralement de mon siège lorsque je lis le titre des journaux français : INGRID BETANCOURT EST LIBRE !! Surexcitée, je fonce faire mes adieux à Mr Zheng et mon hôtel-restaurant concurrent. «Elle est libre, vous comprenez ? 6 ans de captivité ! Elle est libre !!».


14h, après réparation de mon rétroviseur et rafistolage d'une attache de mes sacoches avant, perdue en route, j'entame la rude montée à la sortie de Litang. Je ne reviens toujours pas de la libération d'Ingrid Bétancourt, je n'y croyais plus. Chaque tour de roue amène une nouvelle question. Comment survivre à 6 ans d'enfermement ? Quelle force faut-il pour tenir ?...


Ô surprise, je ne pédale pas depuis une heure que la pluie m'accompagne à nouveau. J'étais prévenue, la route est défoncée de chez défoncée et ressemble à un vaste océan aux vagues modelées. La sympathique symphonie des Klaxons hurlants reprend, normal, j'avance au milieu de la route pour éviter les montagnes russes du goudron. Quelques rayons de soleil parviennent à percer les nuages et me permettent de faire quelques photos de ces dunes vertes (col Xe La à 4400m. !).


J'enchaîne contrôle militaire sur contrôle de police. Tout le monde y passe ! Les motards tibétains me font des clins-d'œil complices aux contrôles.


À Hong Long, je dégouline de la tête aux pieds et suis bien décidée à m'arrêter malgré l'avis des militaires. Je suis à peine engagée sur la rue principale qu'un homme me fait signe sur le bord de la route. Sans hésiter une seconde, je m'engouffre dans sa maison et me réchauffe bientôt près d'un poêle et d'un grand-père à la tresse grisonnante. Au milieu du salon trônent deux immenses portraits du Dalaï-Lama. On m'avait dit interdite la représentation du chef spirituel du Tibet, mais pas un foyer dans ces régions n'en possède une photo... Chaque tibétain arbore même un collier photo du Dalaï-Lama et tous se pressent de me le montrer.

Je dîne en famille d'une soupe de pâtes améliorée et d'innombrables bols de thé au beurre, il va sans dire... puis au lit ! Entre la mère et la fille de 5 ans, qui me regardent longuement à la lueur d'une bougie. Sans doute pour chasser les esprits malveillants...

Hôtes d'un soir à Hong Long

Par Camille
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