Mercredi 26 mars 2008
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11:50
Mercredi je me consacre à la préparation de mon départ, banque, petites courses, nettoyage et réglages de Multi (on croirait presque que je domine le sujet…).
Je passe beaucoup de temps avec Wan Qi Wen Amélie, dont j’apprécie de plus en plus la compagnie. C’est l’ainée d’une famille de 3 enfants. A 23 ans, elle a tout fait pour que ses parents acceptent
sa décision de travailler a l'auberge de jeunesse plutôt que de trouver un poste d’état comme professeur d’anglais. Elle vient de débuter il y a 10 jours et n’a qu’une envie : croquer la vie à
pleines dents en pensant par elle-même plutôt que d’autres pensent pour elle. Ses questions et remarques sont toujours pleines d’à-propos et de bon-sens. Elle me fait à la fois découvrir son pays
et sa culture. Comme beaucoup ici, elle en est fière mais pas aveugle. Elle n’est encore jamais allée à l’étranger et ne sait pas si elle ira un jour. Elle sait que la vérité est difficilement
accessible dans son pays (ailleurs aussi j’ai envie d’ ajouter…) mais elle ne juge pas, elle voudrait voir par elle-même. Je suis bombardée de questions à mon tour : elle me voit faire la bise à
Kin un jour, je croise son regard étonné. Ça ne rate pas : quelques minutes plus tard elle me demande pourquoi je ne l’embrasse pas comme Kin, comment on se salue en France et pourquoi s'il est
chinois, il me fait la bise. Avant même de lui expliquer, je la prends dans mes bras et lui claque 2 bises. Elle éclate de rire et je lui explique alors les 15 années de Kin passées en République
Dominicaine, la chaleur des sud américains. Ici on est aux antipodes de l’exubérance latine. Tout est dans la retenue, il faut savoir contrôler ses émotions, de même qu’on ne montre pas ses
sentiments ouvertement. Je n’ai pourtant pas du tout l'impression jusqu’à aujourd’hui d’être avec un peuple indifférent et froid.
Wan Qi Wen Amélie
Un veritable échange culturel s’établit avec Amélie dont je regrette le prénom chinois qui lui va si bien. J’ai l’impression d’avoir une petite soeur qui m’a prise sous son aile.
Le soir je fais connaissance avec Lin Sai, une cantonnaise qui vit dans la province du Qinghai, surnommee la “Sibérie de la Chine” pour ses camps de rééducation par le travail et ses décharges de
déchets nucléaires a ciel ouvert. C’est aussi une province tibétaine, un plateau immense de montagne et de vents où elle m’invite à venir la voir et rencontrer un autre grand photographe chinois,
Ren Jian Jun. Cette jeune femme est boudhiste (l’une des 3 grandes religions ou philosophies chinoises – je suis loin d’être spécialiste, excusez moi si erreur il y a - avec le Confucianisme et le
Taoisme) et donne l’impression de se mouvoir dans des milieux un peu en marge de la société chinoise. Une personnalité à retenir même si j’ai du écarter à regret le Qinghai de mon itinéraire car
les journées n’ont que 24h…
Il est 3h du matin quand je monte me coucher, j’en ai oublié de manger (chose impensable pour un chinois !) et je me dis que je vais repousser mon départ d’un jour. A ce rythme je ne suis pas
arrivée a Pekin !!
Mais c'est la rencontre qui compte…souvenez-vous !
Par Camille
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