Vendredi 21 mars 2008
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13:57
Le lendemain, j’ai du mal à décoller cette fois ! Il est 1h de l’après-midi, je viens de dormir 18 heures d’affilée. À marquer dans les annales Camille !
Je suis un peu désemparée, me sens totalement autiste dès que je passe la porte de l’hôtel et l’obsession latente du départ réapparaît: SAVOIR COMMENT QUITTER CETTE VILLE EN VELO ! Et vu l’arrivée
en taxi c'est pas gagné !
Je m’écarte des laowai (étranger, en terre chinoise) à ma bonne habitude de ne vouloir avoir affaire qu'à des locaux (qui parlent anglais un peu beaucoup s’il vous plaît...) et je
sympathise avec Wan Qi Wen, alias Amélie (pour Amélie Poulain, me dira-t-elle plus tard) qui bientôt m’accompagne pour acheter un... portable ! Ah il est loin le temps du marchand de Venise perdu
sur la route de la Soie ! J’ai effectivement décidé de suivre les conseils d’un ami et de m’acheter ce précieux sésame pour les moments de détresse dans ma tour d’ivoire linguistique. Bien mal m’en
a pris car il me servira trèèès trèèès vite !
Wan Qi Wen "Amélie"
Le soir je découvre la merveilleuse cuisine cantonnaise. Inutile de vous dire que les menus sont en chinois, mais je me laisse guider par l’odeur des 10 plats de la table voisine. Guangzhou
(Canton), la capitale de la province du Guangdong est un haut lieu de la gastronomie chinoise et j’en découvre enfin les premières saveurs ce soir. C’est digne d’un festin ! Poisson au gingembre et
oignons chinois, plat de tofu pour 5 personnes si ce n’est plus, côtes de porc dans une sauce aigre douce très subtile. Sans vouloir offenser personne, on est loin des ‘chinois parisiens’, très
loin...
Un festin !
Chaque fois qu’on me sert du thé, j’apprends à fermer mon poing et à taper doucement 3 fois la table avec les phalanges de mon index et de mon majeur. Amélie m’en explique la coutume : ‘ au temps
de la dernière dynastie, un des empereurs Quing a voulu se rendre incognito dans notre province éloignée de Pékin. Dans la cité interdite, la coutume voulait qu’à chaque cérémonie du thé, les
sujets s’inclinent devant l’empereur. Pour éviter d’être découvert lors de son voyage loin du palais, l’empereur demanda donc à sa cour de taper discrètement du bout de leurs phalanges en signe de
soumission. Les phalanges représentant les genoux... “On s’incline devant l’empereur". Dès lors chaque cantonnais a gardé la coutume et partout on peut voir ce geste lorsque le thé est servi.
Par Camille
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